Comment Beme News veut révolutionner l’info

Dans un monde où les grands médias d’information tentent tant bien que mal de conquérir un public plus large, un média prépare une « révolution »…

 

Logo de beme news

 

Lancée en juillet 2017 Beme News est tout d’abord une entreprise qui est incarnée par un géant de YouTube, Casey Neistat. Fort de ses presque 8 millions d’abonnés, le vloggeur Newyorkais, compris qu’il avait une jeune audience suffisamment développée pour se lancer dans le monde de l’information.

Mais à l’origine Beme n’était pas sur le même marché. C’était une application de partage de vidéos qui comptait bien faire de la concurrence à Snapchat. L’engouement fut bref et, qui s’y frotte s’y pique, la tentative fut un échec. Cependant les efforts des développeurs et du créateur du projet ne furent pas vains car elle attira l’attention d’un géant de l’information, CNN.

Si CNN s’intéressait à Beme c’est que la plus grande chaine d’information en continue du monde peine à conquérir un public jeune. En effet la moyenne d’âge de l’audience est de 59 ans. Or aujourd’hui la génération Y incarne la nouvelle cible des grands titres de presse. Capter l’attention de ce public n’est pas chose facile. Ainsi dans le secret CNN fit l’acquisition de Beme en automne 2016 avec la ferme intention de concurrencer les rois de l’information chez les 18 – 25 ans : Vice et BuzzFeed.

 

Une chaine d’info, sur YouTube

Ce qui caractérise Beme News c’est déjà la plateforme sur laquelle le média s’installe : YouTube. Si la plupart des grandes chaines de télévision et titres de presse ont une chaine YouTube aucune n’a fait le choix de totalement se dédier à la plateforme en ligne. Le format éditorial de Beme News sera donc de la vidéo et rien d’autre. En France une initiative de même envergure fut lancée, Spicee, et le moins qu’on puisse dire que cela marche. Beme et Spicee se ressemble comme deux gouttes d’eau si ce n’est le fait que Spicee est accessible seulement par abonnement payant et ne diffuse ses reportages et documentaires que sur son site internet.

La où Beme News prend l’avantage c’est qu’en s’installant sur YouTube, le média s’ouvre à une audience mondiale déjà galvanisée par son créateur. Sans aucun contenu la chaine recensait déjà 100 000 abonnés.

 

Un style décontracté

Ce qui frappe au premier abord quand on regarde une des premières vidéos de Beme News, c’est l’ambiance avec laquelle Casey Neistat et son équipe nous présente le projet. Planche en carton avec « News » écrit en gaffeur dans arrière-plan, un bureau aussi rangé que celui d’un étudiant en prépa littéraire, des séquences de concertations et de blagues dans l’équipe volontairement laissées. Tous ces éléments donnent un vent de spontanéité, de « coolitude » et de fraicheur à l’information.

 

Capture d’écran Youtube

Autre élément, nous, spectateurs sommes informés des avancées du projet. Car au lieu d’attendre que tout soit fin prêt pour se lancer, l’équipe de Beme News a préféré directement montrer le processus de création du média. Le but pour le moment est de tenir un sujet de 10 minutes 5 fois par semaine. La particularité réside dans le fait qu’ils en parlent avec la plus grande des modesties possible « nous choisissons un sujet et nous essayons de le traiter du mieux qu’on peut ». Casey nous annonce au fil des vidéos sur quelles sujets ses équipes travaillent lesquels ils ont abandonné et ceux qui sont compromis. En somme Beme News intègre son public dans sa conférence de rédaction, style en parfaite harmonie avec l’univers YouTube.

 

Un public actif

En parallèle à sa chaine YouTube, Beme News a développé une application pour smartphone appelée « Beme Panels ». L’application permet, à qui veut, d’exprimer son opinion sur un sujet d’actualité et de le publier sur un profil public. En complément, la plateforme permet de poser des questions sur des sujets d’actualité à des experts sur un sujet précis.

Image de Beme panels sur Google Play

 Toutes ces vidéos de personnes lambdas sont incorporées à la fin des sujets ou font l’objet d’une vidéo dédiée. La première de la série « Beme and you » porte sur la Corée du nord. L’expert répond à des questions qui vont de « va-t-on rentrer en guerre avec la Corée du nord ?» à « qui coiffe Kim Jong Un ? ».

Sur la forme, Beme News semble donc se démarquer de ses concurrents, mais sur le fonds ?

La ligne éditoriale de l’agence New Yorkaise est de proposer des sujets d’actualité « tabou », parler de ce que les autres journaux ne parlent pas.  La totalité des vidéos publiées jusqu’à présent (en anglais) ont pour point commun de ne concerner que les Etats Unis, 4 sujets ont été consacrés aux ouragans en particulier. Les journalistes ne présentent pas les faits connus de tous mais vont directement à la rencontre de ceux touchés par la catastrophe.  Autre point de concentration : l’impact de technologies sur notre monde, des sujets ont été produits sur le biohacking (le transhumanisme) et le nouvel iPhone. Toute ces thématiques rejoignent la vision exprimée par Casey Neistat : “nous voulons vous plonger dans la culture, nous voulons vous plonger dans les problèmes de société”.

De là à dire que Beme News est une révolution, il faut attendre un peu. Car si certes leur format éditorial est novateur, le fond doit se faire plus original et ne pas trop s’approcher parfois de ce que font ses principaux concurrents (on pensera ici à VICE).

Si vous voulez suivre les avancées du projet ou vous perfectionner en anglais (les deux c’est encore mieux) on vous laisse la chaine : https://www.youtube.com/channel/UCY0YIply-je0EhSWLgpftVw

Auguste Courtin

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