Enfin un dixième titre pour les Français

Après plusieurs occasions, cette belle génération tient sa Coupe Davis. Face à la Belgique le suspense a tenu jusqu’en fin d’après-midi dimanche. Jo-Wilfried Tsonga, Lucas Pouille, Richard Gasquet, Pierre-Hugues Herbert, Yannick Noah, tout le staff et les joueurs présents ce weekend ont permis cette victoire. Retour sur un moment de folie.

L’équipe de France célébrant la victoire

Crédits : Purepeople.com

 

La sélection, le combat de début de semaine

Lundi 20 novembre, tout était encore possible. Mis à part Tsonga et Pouille qui semblaient être les candidats idéaux pour les deux premiers matchs de simple du vendredi, deux autres places étaient encore disponibles. Tout d’abord, il y a eu  le choix Herbert Mahut, présents au Masters de Londres,  ils forment l’une des meilleures paires de double du monde. Mais la blessure au dos de celui que l’on surnomme P2H a changé la donne. Jusqu’au jeudi matin, la presse a relayé l’idée que Herbert ne jouerait pas en double et que Mahut serait sans doute aligné avec Gasquet ou Benneteau. Et la logique se dessinait vers le Biterrois qui  malgré son manque de compétitions, s’est révélé très performant pendant la préparation, selon les dires du capitaine. Surtout que la présence de ce dernier dans l’équipe permettait, en cas de problème, de le faire jouer en simple ou il est plus à l’aise (en général) que ses deux compatriotes plutôt spécialistes du double. Alors vers une paire Gasquet-Mahut ? Eh bien non, et à ce moment précis  Noah prouve sa capacité à assumer des choix difficiles pour le bien de l’équipe. C’est Herbert qui a été choisi à la place de Mahut, à la surprise générale. Selon les dires du capitaine, il a prouvé à l’entrainement qu’il avait sa place pour ce weekend. Grosse désillusion pour Nicolas Mahut, grand ami de Pierre-Hugues et compatriote de double, qui voit là s’envoler une de ses dernières chances de remporter la Coupe Davis. Néanmoins, le capitaine à trancher et les joueurs vont devoir lui prouver, à lui et aux autres, qu’il a eu raison de leur faire confiance.

Les 4 joueurs et le capitaine de l’équipe de France

Crédits : Europe1.fr

Goffin solide, Tsonga fait le boulot

La 1ère journée a respecté la logique sur le papier. Tout le weekend en a été de même. C’est assez rare pour le noter puisqu’il n’y a pas eu de grosse surprise ou de tension extrême, mis à part le troisième set en double. Le vendredi donc, les patrons ont fait le job. Goffin prend le dessus sur Pouille, après un premier set accroché le français n’a pas tenu. Pendant les trois jours, le Belge a été, comme ces dernières semaines, a un niveau proche des sommets. Pouille l’a dit lui-même « Il a fait le match parfait et n’a quasiment rien raté. Il a été très bon dans tous les secteurs du jeu ». En atteste, le Belge n’a pas concédé une seule balle de break.

Quelques dizaines de minutes après, Tsonga entre sur le court avec le devoir de revenir à un point partout. Il le fait avec la manière, en 3 sets secs.  Le français s’impose et nous laisse croire à un possible succès face à Goffin pour le dimanche. Darcis, n°2 Belge n’a pas trouvé les armes pour s’en sortir, la France revient donc à égalité. La tension vient alors se poser sur les deux capitaines. Goffin et Tsonga doivent-ils jouer en double ? La solution est envisageable pour chaque équipe, mais, si le double dure, il y a un risque de fatigue pour le dimanche. Du côté Belge, le n°1 n’est pas connu pour être un grand joueur de double, et ses coéquipiers ont plus l’habitude de jouer ensemble. Côté français un double Tsonga-Gasquet est possible, ils ont déjà joué tous les deux, ils ont des automatismes. Il va falloir trancher !

Le double, un pari risqué, mais réussi

C’est dont LE point important de cette finale, car le plus incertain, malgré les dires. Le capitaine des bleus a fait des choix, quitte à s’exposer aux critiques et à prendre des risques, et en cela il a assumé son rôle de capitaine. Parce que pour avoir une équipe de double solide il faut parfois sacrifier des joueurs de simples. Noah a refusé de le faire. Parce qu’aligner Gasquet et Herbert qui n’ont jamais été partenaire sur le terrain c’est osé ! Parce que l’équipe de Belgique comme elle l’a montré ce samedi est capable de très bien jouer. Et puis, parce que cela permettait à Jo d’entrer sur le court  plus relâché  le lendemain et de mettre la pression sur Goffin. Cette finale a donc pris une tournure à l’avantage des Français le samedi soir. Grâce à une équipe soudée et à un public français qui a été présent dans les moments importants. Et quand on connait l’issue de cette finale, on sait au combien le double était décisif.

Noah,Herbert et Gasquet célébrant la victoire finale

Crédits : Rtl.fr

Un beau combat puis le soulagement

On y a cru. Lui savait,  il n’y a pas de doute, au vu de la détermination dont il a fait preuve malgré un Goffin plus solide. Pendant 1h40 il y a eu un énorme combat. Jusqu’à 2-2 dans le deuxième set. Et quel premier set, probablement l’un des plus beaux de cette année ! Malgré la tension, le Belge a été impressionnant. Si certains avaient encore des doutes, il a clairement passé un cap. Avec 6 balles de break sauvées, dont 1 balle de set, David Goffin a été l’homme des moments clés. Il est d’ailleurs, malgré la défaite, l’homme du weekend. Peut-on être déçu que Tsonga n’ait pas réussi à battre le n°1 Belge ? Probablement pas, chacun se fera son avis, mais il ne partait, déjà, pas favori. Et quand on voit le niveau de ce match, il y a très peu de joueurs qui auraient pu battre le représentant des Diables Rouges. Alors oui Tsonga a été capable d’exploit et il en sera sans doute encore capable. Mais ce week-end c’était aussi celui du Belge. S’il ne repart pas avec le saladier d’argent il aura quand même tenu son rôle, avec classe et efficacité. Jo-Wilfried n’a pas gagné certes, mais il nous aura fait vibrer ce weekend et de nombreuses fois dans sa carrière. La Belgique revenue  à égalité il était l’heure du 5ème match.

Et là, Pouille a tenu son rang. À 23 ans il fallait être capable de jouer comme il l’a fait ce match décisif. Face à un Steve Darcis qui n’avait jamais perdu un 5ème match de Coupe Davis, la balance était plus équilibrée qu’il n’y parait. Mais finalement, Lucas n’a pas fait durer le suspense. Après un premier set solide, il a déroulé pour offrir la victoire aux Français. Cette  Coupe Davis est celle d’un mélange des générations. Noah en capitaine expérimenté, Tsonga et Gasquet en patrons de l’équipe puis Pouille et Herbert en (presque) petits nouveaux. On ne pourra plus leur reprocher de ne pas avoir remporté le saladier d’argent. Place à la préparation de la saison 2018 désormais, et pourquoi pas à une explosion de David Goffin et un retour des cadors qui étaient absents cette année.

La joie des Français après la victoire de Lucas Pouille

Crédits : Sudouest.fr

 

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