La fin d’une année exceptionnelle

Dimanche dernier, le dernier Masters de l’année s’est terminé. Ce tournoi qui regroupe les 8 meilleurs joueurs de l’année en capacité de jouer, a été remporté par le bulgare Grigor Dimitrov. Cette saison peut lui servir de référence. Mais elle restera dans les mémoires principalement grâce aux incroyables comebacks de Federer et Nadal que personne, pas même eux, n’aurait osé imaginer. Retour sur une saison surprenante

Des débuts sur les chapeaux de roues

Le 21 novembre 2016, Andy Murray, n°1 mondial remportait le Masters de Londres face à Novak Djokovic. Federer et Nadal n’étaient déjà plus de la partie. Le Suisse, à cause d’une blessure au genou, avait décidé d’arrêter sa saison après sa défaite en demi-finale de Wimbledon face à Raonic. L’Espagnol lui, avait conclu fin octobre à cause d’une douleur persistante au poignet gauche. Murray pouvait donc s’emparer de son 1er Masters de Londres face à un Djokovic, n°2 mondial, déjà en déclin.

 

Andy Murray en 2016 avec le trophée du Masters de Londres à sa droite et celui de n°1 mondial à sa gauche

Crédits photo Sky sports.com

                Le 20 novembre 2017, au lendemain de la victoire de Dimitrov, la donne a bien changé. Le Majorquin et le Bâlois représentent 13 titres cette année, dont les 4 tournois du grand chelem et 4 Masters 1000. Mais surtout, ils sont respectivement 1er et 2ème mondial. La nouvelle génération commence à être présente dans les grands tournois et à s’installer dans le haut du classement. Djokovic et Murray ont été absents à partir de Wimbledon, tout comme Stan Wawrinka, principal rival du Big Four.

En janvier, rien ne laisse prédire cela. Au départ du 1er grand chelem de la saison, Federer n’a toujours pas rejoué officiellement, Nadal s’est fait sortir à Doha par un Djokovic qui remporte le titre face à Murray. Deux semaines plus tard, Roger et Rafa se retrouvent en finale à la grande surprise des fans du monde entier.

 

Federer et Nadal de retour au premier plan

Federer et Nadal après la finale de l’Open d’Australie en 2017

Crédits photo : Eurosport.fr

Finalement, cette finale est à l’image de la saison, les deux cadors sont un cran au-dessus dans les grands rendez-vous. Et Federer est un cran au-dessus dans les confrontations face à Nadal, du moins sur dur. À 36 ans, le Suisse remporte ensuite Indian Wells et Miami, pour faire une pause jusqu’à la saison sur gazon. Si on peut avoir un regret cette saison c’est celui-là. Roger n’a pas joué sur terre battue. Or, si le Suisse domine les confrontations face à son plus grand rival, il en aurait peut-être été autrement sur la surface favorite du Majorquin. Et surtout cette année, où Rafa a été plus impressionnant que jamais. Après quelques années moins fructueuses, il a démontré qu’il était le meilleur sur l’ocre. Il a été victorieux à Monte-Carlo, Barcelone, Madrid, Roland-Garros. Une seule défaite, face à Dominic Thiem, à Rome dans un match d’une intensité incroyable. Probablement un des plus beaux matchs de l’année sur terre battue. La performance d’Alexander Zverev, 19 ans et vainqueur du Masters 1000 de Rome est à saluer. Dernier tournoi sur terre, Roland-Garros, c’est presque une formalité pour Nadal qui ne perd pas un set.

Place à la saison sur gazon, où Federer remporte son deuxième grand chelem, son 19ème en carrière, recordman dans cette catégorie. La fin de saison est un échange de titres entre Federer et Nadal, qui remporte notamment l’US Open,  néanmoins Zverev, Dimitrov et Sock réussissent, chacun, à grappiller un Masters 1000. Zverev bat un Federer blessé au dos en finale au Canada, Sock va chercher à Paris une place au Masters et surtout Dimitrov remporte Cincinnati pour son premier grand titre puis le Masters de fin d’année. Dans ce tournoi, il sort invaincu après sa première participation ce qui n’était pas arrivé depuis 1998. La performance du Bulgare peut lui servir de déclic et il ne serait pas étonnant de le voir battre des grands noms l’année prochaine et continuer à s’imposer, dans les tournois les plus importants. La saison se terminera le week-end prochain avec la Coupe Davis.

Après avoir été enterrés par une partie des spectateurs et de la presse à cause de leurs résultats moins convaincants (mais néanmoins corrects) les deux hommes ont su rebondir. Et de quelle manière ! Le Suisse et l’Espagnol à la tête de la hiérarchie mondiale, la première fois c’était en juillet 2005 pour se terminer en aout 2009. Le temps qui passe nous amène à penser que cela durera moins longtemps. Mais peut-on y rêver encore ? Pour l’instant oui.

Les 8 participants au Masters de Londres

Crédits photo : dhnet.be

 

La Coupe Davis en ligne de mire

Pour le Belge David Goffin, la saison n’est pas tout à fait terminée. Après sa finale au Masters de Londres qui lui a amené beaucoup de confiance, il lui reste un évènement majeur, malgré les critiques qui l’entourent, la Coupe Davis. Face aux Français, les Belges vont tenter d’aller chercher un premier titre. Les tricolores, qui joueront chez eux à Lille, aimeraient obtenir un dixième titre et notamment le premier pour cette génération en or qui, pour l’instant, n’a pas trouvé les solutions. Ils partiront d’ailleurs favoris grâce à de nombreuses possibilités en simple comme en double avec des joueurs solides. Alors que dans le passé les Français ont toujours été stoppés par un des membres du Big Four, ils jouent une équipe belge qui, sur le papier, semble plus abordable. Attention quand même, car en Coupe Davis plus qu’ailleurs, le classement ne signifie plus grand-chose. Quoiqu’il arrive dimanche un des deux pays soulèvera le trophée, espérons que ce soit pour la dixième fois !

 

Léo Bouquet

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