La jeunesse engagée #1

Clément, 19 ans, élève en classe préparatoire économique et commerciale s’est engagé en septembre dernier dans le mouvement lancé par Jean-Luc Mélenchon : La France Insoumise. Nous avons voulu comprendre l’origine et les motivations son engagement, la perception de celui-ci, sa société idéale…

Pourquoi et quand t’es-tu engagé dans la France Insoumise ?

J’ai souhaité m’engager par convictions politiques et en réaction aux urgences économiques, sociales et démocratiques. Je suis révolté par le quinquennat de « gauche » actuel, nos conditions de vie s’améliorent pas ou peu. La montée de l’extrême droite aux dernières élections et le dégout suite au quinquennat en particulier avec la Loi El Khomri m’a motivé, il me fallait un débouché politique aux luttes réalisées. Le projet de la France Insoumise, exprimé d’abord par l’Ere du peuple » ouvrage de Jean Luc Mélenchon qui reprenait la vision du monde que je partageais.

L’éducation que tu as reçue de tes parents a-t-elle influencée ton choix politique et ton engagement ?

Mes parents n’ont pas eu d’influence particulière, pour autant leurs conditions m’ont permis de comprendre les diverses difficultés du quotidien auxquelles nous devons répondre.

Comment se manifeste ton engagement ?

J’ai dans un premier temps rejoint un groupe d’appui à Angers puis j’en ai créé un dans la ville où mes parents vivent. Ainsi, je suis actuellement membre de deux groupes d’appui. Je participe à des réunions de la France Insoumise du Maine et Loire, je me déplace à certains meeting, je colle des affiches, distribue des tracts, effectue des « portes à portes » par exemple.

Qu’aimes-tu dans ton engagement ?

C’est un mouvement libre, ouvert d’esprit ou chaque membre est singulier ce qui apporte une diversité des compétences. De plus, nous pouvons agir selon nos diverses capacités mais aussi selon le temps dont nous disposons, ce qui est essentiel lorsqu’on est étudiant en « classe prépa». La liberté du mouvement s’exprime aussi par la spontanéité des actions, l’égalité des statuts. Aussi le fait que les militants ne soient pas des carriéristes, présents uniquement en vue d’objectifs d’intérêts particuliers, est motivant, les militants sont actifs du fait de leurs convictions, leurs valeurs, leur humanité.

N’as-tu pas peur de t’engager pour quelqu’un avec lequel tu n’es pas totalement d’accord ?

Nous devons chercher l’intérêt général, pour un avenir en commun, je m’engage pour cela.

Es-tu déçu par la politique en général ?

Evidemment que je le suis. Certains du fait de leur lien avec les milieux d’argent, les médias, le non-respect des promesses, rendent la classe politique méprisée, empêchent le débat politique et l’expression d’idées de candidats vertueux comme Jean Luc Mélenchon. N’oublions pas les trois candidats favoris dans les sondages sont concernés par des affaires. Il faut passer à la sixième République pour refonder les règles qui nous déterminent.

Que dirais-tu aux jeunes dégoûtés de la politique, qui s’abstiennent ?

Il faut voter, puisque les puissants eux votent pour leurs propres intérêts, nous sommes le nombre, tout est possible si nous exprimons notre volonté de transition. Nous commencerons par la Sixième République qui mettra fin au gouvernement du petit nombre, nous aurons enfin le pouvoir de revendiquer notre volonté puisqu’aucun élu des dernières élections ne pourra faire partie de l’assemblée choisissant les règles de la prochaine République. Lisez les programmes, ne jugez pas avec les médias et les sondages qui ne servent qu’à influencer notre vote.

Qu’est ce qui te révolte le plus dans la société et pourquoi ?

La corruption des élus, l’évasion fiscale, les sondages et médias détenus par des grands groupes, l’absence de réel débat de fond sur les programmes. Il manque de politique volontariste, on nous fait croire que tout est une fatalité, tandis qu’il est possible de tout changer.

Quel bilan fais-tu de la société actuelle ?

Aujourd’hui la société est majoritairement déçue, elle n’en peut plus et a le sentiment d’être trop incomprise notamment du fait de sa distance avec les élus. Aujourd’hui il y a 9 millions de pauvres, 6 millions de chômeurs, ce ne sont pas simplement des chiffres mais des êtres humains; il s’agit d’agir désormais.

Quelle est ta vision de la société idéale ?

Une société où chacun est heureux, où chacun ne survit pas mais vit réellement, un monde respectueux des êtres humains, de l’écosystème, un monde où personne n’aurait faim, ne serait  sans logement et où chacun saurait vivre ensemble, en cohésion.

Comment ton engagement est-il perçu dans la société ? Et dans ton entourage ?

Dans la société beaucoup sont étonnés d’un tel engagement mais trouvent cela encourageant d’avoir des convictions et de s’intéresser encore à ce point à la politique. Ma famille trouve que cela prend beaucoup de mon temps libre  et me rappelle de rester vigilant quant à mes études.

Dans quel(s) autre(s) engagement(s) t’investirais-tu si tu avais plus de temps ?

J’aimerais m’engager davantage avec Amnesty International, rejoindre des associations pour la transition écologique ou l’aide humanitaire en général.

Laisser un commentaire