Le président américain Donald Trump (Gauche) et son homologue russe Vladimir Poutine (Droite) Source : www.liberation.fr; «Un procureur spécial, vétéran du FBI, va enquêter sur Trump et la Russie » Photo DON EMMERT, Natalia KOLESNIKOVA. AFP

La mauvaise passe de Trump

La mauvaise passe de Trump

Par Pierre-Louis Boucé / 21.05.17

Le président américain Donald Trump (Gauche) et son homologue russe Vladimir Poutine (Droite) Source : www.liberation.fr; «Un procureur spécial, vétéran du FBI, va enquêter sur Trump et la Russie » Photo DON EMMERT, Natalia KOLESNIKOVA. AFP
Le président américain Donald Trump (Gauche) et son homologue russe Vladimir Poutine (Droite)
Source : www.liberation.fr; «Un procureur spécial, vétéran du FBI, va enquêter sur Trump et la Russie »
Photo DON EMMERT, Natalia KOLESNIKOVA. AFP

L’atmosphère se fait décidément très pesante dans les couloirs de la Maison Blanche, la faute à une actualité récente chargée en révélations.

Tout a commencé le 9 mai, quand le président Trump a annoncé de manière soudaine le licenciement de James Comey,  alors patron du FBI. Il avait entre autres rouvert l’enquête concernant les e-mails d’Hillary Clinton, quelques semaines avant l’élection du 8 novembre 2016. C’est justement ce qui constitue le motif officiel du licenciement annoncé par Trump : Le président estime  que Comey a mal traité l’enquête, en donnant trop d’éléments de l’enquête à la presse.
Côté démocrate, l’excuse n’a aucune crédibilité : En effet, de nombreuses voix s’élèvent, pour émettre l’hypothèse selon laquelle Comey a été renvoyé en raison de l’ouverture d’une enquête par le Bureau sur les soupçons de collusions entre l’administration Trump et la Russie, ainsi que sur une potentielle ingérence russe dans le processus électoral de 2016.
Ce torrent de réactions s’est accompagné d’un tweet émit le 12 mai par le Président lui-même, dans lequel il affirmait que James Comey ferait bien de ne pas posséder d’enregistrement de leurs conversations ou de faire de révélations à la presse.
De nombreuses sources anonymes au sein de la Maison Blanche décrivent ainsi une situation très tendue au quotidien émanant du siège de l’exécutif.

3 jours plus tard, c’est un nouveau rebondissement qui a fait trembler l’échiquier politique américain : Le procureur général adjoint, Rod Rosenstein, a annoncé la nomination de Robert Mueller, ancien directeur du FBI au poste de procureur spécial, chargé de l’enquête sur l’ingérence russe, quand bien même Sean Spicer, porte parole de la Maison Blanche, affirmait que cela ne serait pas utile, mentionnant l’existence de deux commissions du Sénat et d’autres investigations du FBI à ce propos.
Cette nomination, pour beaucoup, n’est pas sans rappeler l’épisode du Watergate, durant lequel Archibald Cox avait assuré cette fonction, menant finalement à la destitution du Président Nixon en 1974.

Mais le POTUS ne peut que passer de Charybde en Scylla : Le même jour, le Washington Post publie une enquête révélant que Trump aurait révélé, sur un ton vantard, des informations classifiées lors d’une réunion le 10 mai avec des officiels russes concernant, entre autres, des projets d’attentats de l’État Islamique dans des avions. Trump s’est défendu en affirmant qu’il avait le droit de déclassifier ces infos s’il le désirait, ce qui est vrai.
Mais une problématique subsiste : Ces révélations avaient été fournies par un pays allié (Qui s’avérerait être Israël), et n’avaient pas vocation à être partagées sans la permission de ce pays. Cela constituerait un coup dur pour la diplomatie américaine.

De plus, selon le New York Times, Trump se serait également vanté au cours de cette même réunion d’avoir licencié Comey, qu’il présente comme un « nutjob », un homme « cinglé ».

Le NYT a récidivé le jour d’après, révélant que Trump avait tenté de persuader Comey de « ne pas s’acharner sur Michael Flynn », ancien conseiller à la sécurité nationale du Président, qui avait démissionné pour avoir menti au vice-président Pence. Cette manœuvre, pour beaucoup, est assimilable à une obstruction à la justice, fait grave aux USA.

Le 19 mai, la commission de renseignement a annoncé que James Comey irait témoigner devant le Sénat en juin, ce qui pourrait faire grandement avancer l’enquête.

L’administration Trump, en danger comme jamais elle ne l’avait été auparavant, peine à ériger une ligne de défense face à ces avalanches de révélations et d’accusations, se contentant généralement de tout nier en bloc, et devant faire avec la communication parfois impulsive du président américain lui-même, qui évoque une « chasse aux sorcières », terme qui avait également été utilisé par Richard Nixon à l’époque du Watergate.

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