Laissez bronzer les cadavres ! Ou comment réaliser une œuvre d’art à partir d’un sujet banal

 

Après Amer et l’Etrange couleur des larmes de ton corps, le couple de réalisateurs franco-belge Hélène Cattet et Bruno Forzani signe leur 3e long-métrage : Laissez bronzer les cadavres ! Cette adaptation du roman de Jean-Patrick Manchette et Pierre Bastid nous plonge dans un décor à la Tarantino : 3 trois bandits, 250kg d’or volé, une artiste, sa maison sur les hauteurs méditerranéennes, et des invités imprévus.

 

 

Rencontrés en 1997 à Bruxelles, Hélène Cattet et Bruno Forzani forment depuis 2001 un duo de cinéastes hors du commun. Ensembles ils réalisent d’abord 6 cours métrages. En 2009 ils sortent Amer, film qui retrace la découverte du corps, du désir et de la sexualité chez une femme à différents âges de sa vie. Prix de la découverte du festival de Sitges en 2009 (festival international du film de catalogne) et Prix du public dans la catégorie “Nouveau cinéma” au festival de Montréal la même année, ce film va propulser les réalisateurs sur la scène internationale. En 2013, ils réalisent l’étrange couleur des larmes de ton corps qui rafle également des prix dont le prix spécial ciné + frisson au festival international du film fantastique de Paris (PIFFF). Les maîtres mots de leurs créations sont érotisme et violence, beaucoup de violence, qu’importe, tant qu’elle est belle à regarder. On sent dans leurs films une inspiration directe au Giallo, un genre italien rassemblant horreur, policier et sensualité.

 

 

Pour leur troisième création, le duo réalise une sorte de western méditerranéen. Sur une route adossée à une falaise, Ringo et sa bande braquent un fourgon blindé, récoltent 250kg d’or et s’arrachent. Au sommet de cette falaise vit une vieille artiste aux mœurs légères et au quotidien paisible. Quoi de mieux pour cacher ce trésor ? Rien ! Enfin, c’est ce qu’espérait la petite troupe avant l’arrivée d’invités surprise attirant l’intérêt des policiers. L’aventure est pleine de rebonds, mais cet effet est sans aucun doute lié à l’excellent jeu graphique des scènes. En effet, l’image y est pour beaucoup dans l’intrigue du film. Les couleurs, le choix des plans, les jeux de lumière … rien n’est laissé au hard laissant planer une tension tout au long du film. L’œil du spectateur est ainsi captivé du début à la fin. Si la vue est plus que sollicitée dans ce film, l’ouï l’est tout autant. On retrouve la Bo de la route de Salina réalisé par Christophe en 1970, des titres italiens des années 70/80 et bien d’autres encore. Juste de quoi plonger une fois de plus le spectateur dans une expérience sensorielle exceptionnelle. Enfin, le casting est à couper le souffle. Si les acteurs ne sont pas plus connus que cela du grand public, la justesse de leur jeu crée une proximité avec le spectateur, nous permettant de nous familiariser avec eux.

 

 

Le travail de ces deux artistes est tellement complet du point de vue graphique émotionnel et sonore  qu’il ne manque pas de nous rappeler que le cinéma est avant tout un art graphique mêlant le Giallo, le style Tarantino et le cinéma franco-belge.

https://www.youtube.com/watch?v=MTVLuuLnN9A

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