Le commissaire qui se mord la queue

 Si on vous donnait l’occasion de tuer quelqu’un et qu’il serait impossible que l’on vous accuse du crime, le ferriez-vous ? Le statut de cet enquêteur de police italien lui confère ce « privilège » sanguinaire. C’est pendant l’acte sexuel que, sans prévenir, l’inspecteur tranche la jugulaire de sa compagne. Il se douche, se rhabille, se sert un verre laisse des traces de pas ensanglantées dans l’appartement, en somme autant de preuves pour l’inculper du crime. Il appelle la police et se rend au cocktail de sa promotion à la tête du service d’enquête. Au même moment l’enquête débute et c’est sans aucun doute l’acte d’un « crétin » inexpérimenté. Elio Pietri nous enferme dès lors dans la personnalité de son personnage, qui va construire son innocence. Il met à l’épreuve ses sous fifres ; les envoie chercher des accusés potentiels (l’ex maris, un amant).

Le commissaire qui se mord la queue

Nous, spectateurs omniscients, nous mettons à la place du commissaire et nous plaçons comme témoin d’une enquête qui piétine, menée par des inspecteurs aveugles, soumis à leur hiérarchie. Le film se calque sur une période de crise politique et économique que l’Italie traversait à l’époque. Les étudiants brandissaient le petit livre rouge de Mao et les grèves ouvrières débouchaient sur des émeutes avec la police on appelait ça les années de plomb. Le commissaire observe, attend un éclat de génie de la part de ses inspecteurs mais rien ne se produit. Le film est entrecoupé de flash-back qui font ressurgir les morbides habitudes de l’ancien couple qui s’amusait à recréer des scènes de meurtres. .

 

L’exercice du pouvoir et les dérives qu’il peut entrainer est brillamment mis en scène. Ici il est utilisé pour contrôler les masses et rechercher de la vérité par l’intimidation et la violence (en témoigne les scènes d’interrogatoire musclées). La thématique de la politique est traitée d’une manière onirique, le personnage subit ses pulsions et sombre dans ses fractures psychologiques, un hommage à psychologie Freudienne. Le commissaire se trouve être le paradigme du chef tyrannique dirigeant les masses. Les plans sont resserrés sur son visage et rares sont le moment de répit pour nos oreilles constamment agressées par les cris qu’il lance. L’homme tourmenté fini par se dénoncer, à un plombier dans la rue puis à ses supérieurs hiérarchiques. Mais tout est trop parfait, son statut l’exclut de tout soupçon, personne ne croit en sa culpabilité, enfin dans ses rêves ?

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