Le nucléaire iranien, une histoire et des enjeux mondiaux

L’annonce du retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien le 8 mai dernier a eu l’effet d’une bombe sur la scène internationale. Elle n’a cependant prise personne de court: Donald Trump martelait cette intention depuis le début de sa campagne électorale. Notion souvent vue de manière abstraite en France, le nucléaire iranien n’en reste pas moins un des dossiers les plus brûlants du Moyen-Orient.

Un accord fragilisé en conséquence de sa nouveauté

Les débuts du programme nucléaire iranien originel remontent aux années 1950, mais avait dû être interrompu en 1979, après la révolution iranienne. Ces activités ont cependant repris de plus belle dans les années qui ont suivi, en raison d’une guerre avec l’Irak. L’Iran n’a eu de cesse de clamer son intention de produire un nucléaire civil avec ce programme.
C’est en juillet 2015 qu’est signé l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien – aussi appelé Plan d’Action Conjoint – par les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne, l’UE et l’Iran. il stipule que le programme nucléaire iranien doit faire l’objet d’un contrôle rigoureux par l’agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), en échange duquel les sanctions économiques américaines et européennes doivent progressivement être levées, hormis dans les domaines sensibles, à l’instar de l’armement. L’accord avait été salué par le monde entier, à l’exception d’Israël, qui entretient des relations très conflictuelles avec la République Islamique.

@Crédits : Visactu

Des risques d’escalade à prévoir dans la région

L’annonce de M. Trump n’a cependant pas signé la mort de l’accord. Il est en revanche nécessaire pour les pays européens de renégocier avec l’Iran d’Assan Rohani pour maintenir l’accord en l’absence des États Unis, qui se retrouvent désormais encore un peu plus isolés de leurs alliés européens. Ils se retrouvent en revanche alignés sur la position d’Israël, dont le premier ministre , Benyamin Nétanyahou, avait accusé l’Iran de mener un programme nucléaire militaire secret, et donc de violer l’accord. Ces accusations avaient été contredites par l’AIEA, qui a maintenu un contrôle appuyé sur les installations nucléaires iraniennes depuis juillet 2015. Les premières conséquences ne se sont d’ailleurs pas faites attendre : Israël a été la cible de roquettes attribuées à l’Iran tirées depuis le sol de son allié syrien, auxquelles l’État Hébreu n’a pas tardé à répliqué dans des proportions inédites, faisant de nombreux morts sur le site de tir syrien. Paris et Moscou ont appelés à la désescalade et à la retenue entre les deux puissances, qui ont donné, l’instant d’une nuit, lieu aux affrontements les plus fournis depuis la guerre du Kippour en 1973.

 

@Crédit-image : Union Européenne, 2015

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