Le réchauffement climatique à l’assaut des forêts canadiennes

Cet été, un gigantesque incendie a ravagé 1,2 millions d’hectares de forêt sur la côte ouest du Canada. Ce n’est pas le premier feu qui touche le deuxième plus grand pays du monde qui détient 9% des arbres de la terre. Déjà l’année dernière, l’incendie de Fort Mc Murray avait détruit près de 160 000 hectares de forêt. Le réchauffement climatique est le principal responsable de la multiplication de ce phénomène.

Le réchauffement climatique est le principal responsable des feux de forêts naturels. Il assèche le bois et les terres des forêts boréales qui deviennent plus propices à prendre feu sous l’effet de la foudre ou des orages secs.

Selon Yann Boulanger, chercheur en écologie forestière à Ressources naturelles Canada, « si ces feux deviennent plus fréquents, on pourrait se retrouver avec une situation ou les arbres ne sont pas assez matures et n’ont pas assez de graines, la forêt ne peut pas ou très peu se régénérer. ». En effet, les feux sont un processus naturel de régénération qui permet à la forêt de voir de nouvelles pousses grandir en son sein.

Les conséquences de la multiplication des feux de forêt.

Au niveau économique, les forêts de l’ouest du Canada abritent de nombreuses installations pétrolières qui ont dû fermer, entraînant une chute de la production de barils de pétrole de 25%.

Les incendies ont des influences sur les habitudes de vie des canadiens. Entre avril et août 2017, 50 000 personnes ont dû être évacuées. De nombreuses habitations ont brûlé.

Répartition de la taïga dans le monde

Les forêts boréales sont aussi une grande source d’oxygène. Celles-ci s’étendent de la Laponie jusqu’à l’Est du Canada en passant par la Sibérie et représentent 10,3% des terres émergées. En Sibérie, la température pourrait grimper de 11°C à certains endroits, intensifiant les feux et déréglant le cycle mondial du carbone.

 

Le Mountain pine beetle (Dendroctonus), autre effet secondaire du réchauffement climatique.

Ce minuscule scarabée de 5 millimètre de long crée d’énormes ravages dans les forêts boréales canadiennes. Avant, il avait du mal à survivre durant le rude hiver canadien, mais depuis quelques années il réussit à atteindre l’été. Selon Matthew Ayres, entomologiste au Darmouth College, « s’il y a une nuit en bas de -16 à -18 degrés Celsius, environ 90 % des insectes vont mourir. Si la température ne descend pas en bas de ce seuil, ils vont survivre. ».

Dégradé de couleurs dans les forêts Colombie-Britannique. Kilian Le Bouquin

L’insecte pond ses œufs sous l’écorce du pin de manière à ce que les larves se nourrissent du bois. En 3 jours un arbre peut être totalement détruit.

Ressources naturelle Canada apporte une opinion inverse et de l’optimisme à ces catastrophes. Selon l’organisme, « la forêt boréale a besoin de perturbations naturelles telles que les incendies de forêt et les éclosions d’insectes et de maladies », celles-ci supprimeraient les arbres âgés des forêts, exposeraient de nouveau le sol à la lumière, permettraient à la prochaine génération d’arbres de germer et de devenir une nouvelle forêt et libéreraient les éléments nutritifs des arbres.

Ce dont nous pouvons être certains, c’est que dans les décennies à venir, de fortes perturbations influeront sur le développement des forêts canadiennes et plus globalement de la taïga mondiale. Alors que se tient actuellement la COP23 de Bonn, en Allemagne, la lutte contre le réchauffement climatique doit devenir l’enjeu principal de la communauté internationale et de réelles actions doivent être mises en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

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