L’enquête sur les soupçons d’ingérence russe se resserre sur des proches de Donald Trump

Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l’enquête sur la Russie, Robert Mueller. — PHOTOS SIPA / MONTAGE 20 MINUTES

L’investigation mise en place depuis plusieurs mois en place vient d’atteindre un tournant capital dans son déroulement. Pour la première fois depuis le début de l’enquête, des officiels américains sont officiellement inculpés par la justice américaine.

Robert Mueller, l’homme qui fait trembler Washington

Le responsable de cette enquête d’État est bien connu dans la capitale fédérale. Il s’agit de Robert Mueller, vétéran de la guerre du Vietnam, avocat et procureur de renom, ancien directeur du FBI de 2001 à 2013, le juriste est aussi bien apprécié par les républicains que les démocrates. S’il parvenait à faire tomber le président, il rejoindrait alors Kenneth Starr (Affaire Monica Levinsky) et Archibald Cox (Watergate), parmi les grands procureurs indépendants de l’histoire du pays qui auront mené à la destitution ou la démission d’un président des États-Unis.

Paul Manafort, la tête d’affiche

Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump. Photo by Elsa/Getty Images

Des 3 individus épinglés par la justice américaine, le nom le plus connu et le plus récurrent dans la presse est celui de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump. Il avait dû démissionner de ses fonctions en août 2016, inculpé par une enquête de corruption en Ukraine. Robert Mueller a annoncé lundi 30 octobre que Manafort, ainsi que son associé Richard Gates, deuxième nom de ce dossier, avaient été inculpés d’une douzaine de chefs d’accusations très graves, notamment de conspiration contre les États Unis. L’acte d’inculpation ne suggère cependant pas de collusion avec la Russie. Les deux hommes pourraient risquer jusqu’à 25 ans de prison pour de tels faits, mais Robert Mueller pourrait tout aussi bien se servir de telles menaces pour obtenir la coopération de l’ancien directeur de campagne dans la recherche d’une éventuelle ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Une première collaboration avec la justice dans le dossier

Le troisème nom qui ressort dans ce chapitre de l’enquête est celui de George Papadopoulos. Plus discret que le premier individu cité, il s’agit d’un conseiller en relations internationales de campagne de Donald Trump. George Papadopoulos est accusé d’entrave à la justice par le biais de fausses déclarations auprès du FBI, à l’occasion de la présente enquête. Le conseiller, isolé depuis son inculpation, n’a plus d’autre choix que de coopérer avec le Bureau pour se sortir de la tourmente.

L’administration Trump cherche à se dédouaner

Le président américain lui-même a tenu à se défendre face à ces inculpations en chaîne, parlant d’une “chasse aux sorcières”, et affirmant qu’il n’y avait “aucune collusion” sur Twitter. La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee-Sanders, a tenu à mettre le plus de distance entre son camp et George Papadopoulos, évoquant un “bénévole” au rôle consultatif “extrêmement limité”.

Il s’agit là des premières avancées significatives de l’enquête de Mueller sur les soupçons d’ingérences russes. Ces inculpations permettront peut-être au procureur spécial d’obtenir la coopération de proches du président Trump, ce qui pourrait s’avérer très bénéfique pour l’investigation en cours.

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