Photo-reportage – Pyramiden, la ville fantôme du bout du monde

Direction le Svalbard, archipel d’îles norvégiennes, porte d’entrée du Pôle Nord. A Spitzberg, île principale, on dénombre 2900 habitants, en majorité norvégiens. Cependant, deux enclaves russes composent le décor glaciaire de l’archipel, Barentsburg (850 habitants) et Pyramiden (cinq habitants), ville désertée en 1998.

Une statue de Lénine trône fièrement sur la place centrale de la ville. Tout autour, des bâtiments en friche. En face, de l’autre côté du fjord, l’imposant glacier Nordenskioldbreen s’étend. Nous voici à Pyramiden, une des villes les plus septentrionale au monde, 78 degrés nord, à moins de 900 kilomètres du Pôle Nord. Ancienne bourgade russe, berceau du communisme arctique, Pyramiden a été durant plusieurs décennies une cité minière. Construite en 1910 par des Suédois, elle est rachetée par la Russie en 1927. A son apogée, la cité abritait 1200 habitants.

La cité minière avait toutes les caractéristiques de la Russie communiste : Cantine commune, bâtiment du KGB. Pour l’époque, c’était un paradis aux confins du monde. Salle de cinéma, terrain de sport, piscine, bibliothèque, le lieu avait tout pour plaire.

Mais en 1998, quasiment du jour au lendemain, Pyramiden est abandonnée (Les raisons de cette évacuation sont encore aujourd’hui inconnues). Les habitants et les 300 mineurs partent dans la précipitation, laissant tout sur place, figeant les éléments. Dans la salle de projection du cinéma, on trouve encore la bobine du film qui était diffusé à l’écran. Tout semble intacte, comme préservé par le froid, qui l’hiver peut atteindre -30°.

Pyramiden c’est la Pompéi du Nord, pas figée par les cendres mais figée par le temps et la glace.

Aujourd’hui, cinq habitants veillent sur la ville fantôme en hiver, une trentaine en été. La Russie tente de réhabiliter l’endroit, avec comme objectif d’en faire officiellement la ville la plus septentrionale du monde, devant Longyearbyen, la capitale du Svalbard.

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