Turquie : Quels changements pour le pays après le référendum du 16 avril ?

Recep Tayyip Erdogan, actuel Président de la Turquie.

Recep Tayyip Erdogan, actuel Président de la Turquie.

Quel contexte ?

C’est dans la continuité du chaotique 15 juillet 2016 que s’inscrit la réforme constitutionnelle turque qui a été soumise au vote populaire ce dimanche 16 avril, alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, livre une guerre sans merci à ses opposants de tout bord (Notamment le PKK ainsi que les kurdes de manière générale, mais également les partisans de Fethullah Gülen, un des principaux adversaires du président).  Cette réforme doit s’appliquer à la fin du mandat d’Erdogan, fin 2019.

Ainsi, les partisans d’Erdogan et de son parti, l’AKP (Parti de la Justice et du Développement) estiment que le passage à un système présidentiel, principale mesure de la réforme, permettra une stabilité sur le long terme pour ce pays qui a connu de nombreux attentats et conflits ces dernières années.

Les opposants, de leur côté, ne voient pas d’un si bon œil la soif de revanche que le président a pu alimenter depuis le putsch raté du 15 juillet dernier. Il est à noter que depuis cette date environ 125 000 salariés de divers domaines (armée, enseignement, police…) ont été limogés. Ajoutez à cela  13 députés du HDP (Parti pro-kurde) emprisonnés, et un contrôle accru sur les médias.

Quelles mesures ?

Actuellement, le régime parlementaire turc, comme beaucoup d’autres, limite le titre de Président à des fonctions purement symboliques et honorifiques, le pouvoir exécutif revenant au Premier Ministre. Hors, depuis le coup d’état raté, c’est le président Erdogan qui dirige réellement le pays. Le but de la réforme serait alors de régulariser la présente situation dans le droit turc, et de donner beaucoup plus de pouvoirs au Président (Nommer le haut renseignement, le haut commandement des armées, les recteurs d’université, gouverner par décret, dissoudre l’Assemblée), tout en supprimant le poste de Premier Ministre.

Ainsi, c’est une campagne nerveuse qui s’est déroulée des mois durant, entre des partisans du « Oui » en tournée dans toute la Turquie et même à l’étranger, et des partisans du « Non » qui ont eu du mal à se faire entendre.

Le dimanche 16 avril, le verdict tombe : Le « Oui » l’emporte à 51,3 %, illustrant une coupure réelle de l’opinion turque, et donnant un goût amer à la victoire d’Erdogan, qui espérait un plébiscite.

Quel avenir ?

Même si Erdogan a réussi son pari, il sait qu’il va devoir gouverner avec une forte opposition populaire. Il a cependant annoncé qu’il pourrait lancer un second référendum, cette fois ci sur la peine de mort.
Mais cet événement pourrait avoir d’autres retombées négatives à l’international, notamment sur la redondante question de l’adhésion du pays à l’Union Européenne, dans la mesure où les Européens ont eu du mal à cacher l’inquiétude sur ce que certains nomment l’ « hyper présidence » turque.

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