VI Nations. Le XV de France : en-avant toute

Depuis la Coupe du Monde 2011, le rugby français inquiète. Alors que la Coupe du Monde  se déroulant au Japon à la rentrée 2019 s’annonce ardue, le tournoi des VI Nations qui débute ce vendredi semble être la dernière chance de relancer une équipe tourmentée.

8 années difficiles

Qu’il semble le loin le temps ou la France pouvait prétendre à remporter la Coupe du Monde au pays du rugby, face à la meilleure nation de l’histoire. Nous sommes alors en octobre 2011, la France s’incline de peu face aux légendaires All-Blacks. Depuis ce jour, la France n’a cessé de dégringoler, aussi bien en termes de résultats que de qualité de jeu, et fait face à bien d’autres problèmes.

Si la période 2011-2015 n’a pas été flamboyante, elle ne laissait tout de même pas imaginer : ni la claque reçue chez nos voisins anglais lors de la Coupe du Monde 2015 face à la Nouvelle Zélande, futurs champions du monde ; ni la difficile crise qui s’ensuivit.

Car depuis cette épopée jusqu’en finale du mondial, la France n’a plus gagné le tournoi des VI nations et affiche aujourd’hui un bilan de 58% de défaites et 4% de matchs nuls soit 62% de matchs sans victoire !

Au classement IRB (Classement par nations du rugby mondial), l’année 2018 a fait connaitre à l’équipe de France son plus mauvais classement (10ème). A titre de comparaison, à l’issue de sa performance en 2011, elle se classait troisième, derrière l’Australie et l’intouchable Nouvelle-Zélande.

Une dynamique à trouver           

A la suite du désastre de 2015, avec une défaite 62-13 à la clé face aux futurs champions du monde néo-zélandais, de nombreux changements sont intervenus pour relancer un rugby français sur le déclin.

En premier lieu, la présidence de la Fédération est revenue à Bernard Laporte en décembre 2016, après une campagne médiatique. Avec lui, les projets sont nombreux et fait la promesse de recentrer le rugby français autour de joueurs français, dans le but de favoriser l’équipe nationale -au détriment d’un championnat attractif, terrain de jeu de stars étrangères.

En plus de cette nouvelle arrivée, c’est à Guy Novès qu’on a confié le poste de sélectionneur, succédant ainsi à Philippe Saint-André. Ancien entraîneur de Toulouse au palmarès riche et à la philosophie de jeu en adéquation avec les nouvelles espérances. Finalement, le peu d’entente avec son nouveau président et les mauvais résultats lui coûteront sa place.

Pour le remplacer, Jacques Brunel, ancien sélectionneur de l’équipe d’Italie et entraîneur de Bordeaux est nommé en décembre 2017. Avec lui se met en place une coopération encore plus poussée entre le staff, les joueurs de club, et la fédération et l’équipe de France. Le but ? Rassembler tout le rugby français autour d’un seul objectif commun : la performance du XV de France.

Questions et incertitudes : 9 mois pour se relever

A 9 mois de la Coupe du Monde, les performances, les résultats, et le tirage ô combien relevé (avec notamment la présence l’Angleterre et l’Argentine dans la poule de la France) qui attend les joueurs n’incitent que très peu à l’optimisme. La tournée de novembre n’a pas levé les doutes, et même accentué la crise.

Car depuis, les performances ne sont guère meilleures, les performances non plus. La France accueillera la Coupe du Monde de rugby à XV en 2023. Y performer est un objectif plutôt raisonnable, notamment depuis la victoire des moins de 20 ans cet été lors de la Coupe du monde, mais  l’équipe de France doit relancer la machine dès aujourd’hui.

Au-delà du jeu, c’est aussi en termes d’image que le rugby français souffre : polémiques entourant la présidence de Bernard Laporte, affluence en baisse lors de la tournée de novembre dans les stades français, les questionnements sur la santé des joueurs, notamment les plus jeunes, ou la retraite de certains joueurs à des âges qui interrogent.

De plus, on peut se questionner sur le manque de stabilité de l’effectif de l’équipe de France, à l’heure ou la préparation se doit de débuter, avec un groupe en bonne partie renouvelé pour le tournoi. Le manque de continuité, de stabilité et d’assurance n’incite pas à l’optimisme. Entre incertitudes et lueurs d’espoir, on ne demande plus qu’à être surpris.

Malgré cela, quelques motifs d’espoirs demeurent, avec notamment les jeunes qui performent aussi bien en sélection qu’en club, deux indicateurs de mesures pertinents. En effet, la mise en place du statut de JIFF (joueurs issus des formations françaises) incite et oblige les clubs français à davantage faire confiance aux jeunes. Cela fonctionne, le bilan produit par la ligue de rugby a permis de constater l’augmentation du nombre de joueurs formés en France et au même moment la diminution du nombre d’étrangers. Si l’ensemble des mesures proposées par la nouvelle présidence de la fédération ne sont pas encore pleinement accomplies ou même entérinées, il faut constater que certaines se concrétisent.

A l’heure où l’équipe de France de rugby fonce vers l’inconnu pour les deux prochaines compétitions, et alors que se profile dans quatre ans une Coupe du Monde à domicile, il est temps pour le XV de France de retrouver bases et certitudes.

France – Pays de Galles, Vendredi, 21H – Stade de France

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